COMMUNIQUÉ
Appel des institutions musulmanes aux pouvoirs publics et aux parlementaires de la République
Les institutions musulmanes soussignées souhaitent solennellement attirer l’attention des pouvoirs publics, des élus de la République et plus particulièrement des parlementaires, sur la profonde inquiétude qui traverse aujourd’hui une grande partie des musulmans de France face aux évolutions législatives en cours.
La proposition de loi examinée au Sénat, ainsi que les textes annoncés par le ministère de l’Intérieur, sont perçus par de nombreux responsables musulmans et citoyens comme une nouvelle étape dans un processus qui tend, année après année, à placer la communauté musulmane dans une situation de mise à l’écart et de suspicion permanente.
Cette inquiétude est d’autant plus forte que les musulmans de France ont toujours démontré leur attachement profond à la Nation et à la République. Dans les heures les plus sombres de l’histoire de notre pays, des milliers de musulmans ont participé à la libération de la France, combattant au prix de leur vie pour défendre sa liberté, son indépendance et sa dignité.
Après la guerre, des générations de travailleurs musulmans ont également contribué, souvent dans des conditions difficiles, à la reconstruction économique et sociale de notre pays, participant pleinement au développement de la France moderne. Cet héritage fait partie de l’histoire nationale.
Les musulmans de France sont aujourd’hui pleinement engagés dans tous les domaines de la société : économique, social, éducatif, culturel, associatif et citoyen. Ils aspirent, comme tous les Français, à vivre leur foi sereinement dans le respect des lois de la République.
Pourtant, beaucoup ont aujourd’hui le sentiment que l’organisation du culte musulman, les mosquées et les associations musulmanes font l’objet d’un traitement particulier qui fragilise progressivement leur place dans la société.
Les dispositions actuellement envisagées risquent d’entraîner des conséquences concrètes sur : • le fonctionnement normal des institutions musulmanes ; • la vie associative ;
• l’organisation des lieux de culte ; • et plus largement le climat de confiance indispensable à la cohésion nationale.
Nous appelons les parlementaires et les responsables publics à mesurer avec gravité les conséquences humaines, sociales et politiques que pourraient produire des textes qui, même lorsqu’ils poursuivent des objectifs légitimes, risquent d’accentuer le sentiment d’exclusion et de marginalisation ressenti par une partie importante de nos concitoyens.
La lutte contre toute forme d’extrémisme ne peut conduire à installer durablement un climat dans lequel des millions de citoyens musulmans auraient le sentiment d’être regardés avant tout à travers le prisme de la suspicion.
Nous appelons à un débat apaisé, équilibré et respectueux des principes fondamentaux de notre République, afin de préserver l’unité nationale et les libertés publiques auxquelles tous les Français sont attachés.
Face à ces enjeux, les institutions musulmanes de France ont décidé d’engager une démarche collective et responsable visant à : • renforcer la concertation entre les acteurs musulmans ; • développer un dialogue direct avec les parlementaires et les pouvoirs publics ; • sensibiliser l’opinion publique aux conséquences concrètes de ces évolutions ; • et contribuer, dans un esprit républicain, à une réflexion constructive sur les équilibres nécessaires entre sécurité, liberté et cohésion sociale.
Nous appelons l’ensemble des responsables musulmans, des mosquées, des associations et des fidèles à se mobiliser avec responsabilité, dignité et unité.
Parce que l’avenir de notre cohésion nationale dépend aussi de notre capacité collective à garantir à chacun sa pleine place dans la République .
Signataires :
•Conseil départemental du culte musulman 01 Chokri BEN HASSINE
•Union Départemental des associations Musulmanes 04 ABBES
•Conseil départemental du culte musulman 13 Djamel ZEKRI
•Conseil départemental du culte musulman 42 Salim AGOUDJIL
•Conseil des Mosquées du Rhone 69 Kamel KABTANE
