La patience (ou l’endurance)

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Le musulman est paré de plusieurs vertus dont la patience et la l’endurance susceptibles à l’aider à supporter les dérangements causés par autrui pour l’amour de Dieu.

Il se contraint à accepter ce qui le répugne ou lui fait mal et le supporter avec stoïcisme.

Le musulman se force à accomplir les actes de piété que son âme déteste. Il l’oblige à les effectuer. Il la retient de commettre des péchés ou les aborder, même si le désir qui le poussait dans cette voie était difficilement résistible.

Dans les épreuves, il se contient sans s’alarmer ni s’irriter, car, disent les sages, s’alarmer pour un mal déjà passé est une calamité et le faire pour une future probabilité est une absurdité. S’emporter contre l’arrêt divin est une injure à Dieu, l’Unique et Le Tout Puissant.

Lorsque le musulman traverse une épreuve, le souvenir de Dieu et celui de la récompense qui lui sera accordée grâce à sa piété lui redonnent du courage et le soutiennent.

Il est également animé par la peur de toutes les menaces effrayantes adressées à tous ceux qui font l’objet de la haine de Dieu et qui lui désobéissent. Il se rappelle continuellement que les desseins que Dieu nous a tracés doivent prendre leur cours, que ses décrets sont équitables et irrévocables, que l’on se montre résigné ou non. Il sait que sa résignation sera récompensée et son emportement condamné. A force d’entraînement, le musulman peut acquérir la vertu de la résignation. Mais celui-ci a besoin de Son Dieu, l’implore pour qu’Il la lui accorde et essaie de la raffermir en lui en se souvenant des exhortations et des promesses de récompenses faites aux gens stoïques, tels que ces versets :

« Croyants ! Soyez constants. Rivalisez de constance ! Soyez fermes et craignez Dieu. Ainsi atteindriez-vous à la félicité » [3.La famille d’Omran-200]

« Que la patience et la prière soient pour vous un réconfort » [2.La vache-45]

« Sois patient ! Dieu t’y aidera ! » [16.L’abeille-127]

«Endure patiemment ce qui peut t’atteindre. Tout cela est le propre d’une âme résolue.»

[31.Loqman-17]

« Annonce une heureuse issue aux patients, à eux qui, frappés d’un malheur, disent : « Nous appartenons à Dieu et à Lui nous ferons retour ! » Ceux là, auront pour lot miséricorde et bénédiction de leur Seigneur. Ils auront suivi le droit chemin. » [2.La vache-156]

« Ceux qui auront persévéré dans notre voie seront rémunérés compte tenu de leurs meilleures actions ». [16.L’abeille-96]

« Nous avons fait d’eux, des chefs qui guidaient les hommes selon nos ordres, cela pour avoir su persévérer dans notre voie et avoir cru fermement en nos signes. » [32.L’adoration-24]

« Ceux qui sont constants, seront dignement rémunérés au-delà de toute mesure ! » [39-Les groupes.10]

Le Prophète (Sallalahu ‘alayi wa salam), dit aussi : « La patience est une lumière » (un guide éclairé). (Moslim)

-Celui qui veut être chaste, Dieu l’aidera.

-Celui qui cherche à se passer de ce que possèdent les autres, Dieu l’enrichira.

-Celui qui veut être patient, Dieu viendra à son secours, aucun n’a eu un don plus fécond que la patience. (Moslim)

-C’est merveilleux ! Tout ce qui arrive au croyant lui est favorable. Aucun autre n’a ce privilège.

-S’il est heureux, il remercie Dieu et c’est bien pour lui, s’il est malheureux, il se résigne et c’est bénéfique pour lui. » (Boukhari)

Une fille du Prophète (Sallalahu ‘alayi wa salam) lui dépêcha une personne pour le prier de venir voir son enfant agonisant. Le Prophète (Sallalahu ‘alayi wa salam) lui envoya dire :

-« Donne-lui le bonjour et dis lui :

Tout appartient à Dieu, ce qu’Il donne et ce qu’Il reprend. Pour toute chose est fixé un terme. Qu’elle se résigne et en demande à Dieu la récompense » (Boukhari)

Dans un hadith à thème divin, Allah dit : Quand je frappe mon serviteur de cécité et qu’il se soumet à mon arrêt, je lui accorde en échange le Paradis ! (Boukhari)

Quand Dieu veut du bien à quelqu’un, Il l’éprouve. (Boukhari)

La valeur de la rétribution est proportionnelle à l’épreuve. Quand Dieu veut du bien à des gens, Il les met à l’épreuve. Celui qui se résigne aura la satisfaction du Seigneur, mais celui qui s’emporte encourt Sa colère.

L’adversité ne cesse de s’abattre sur le croyant : atteignant sa personne, ses enfants et ses biens, si bien qu’il comparaîtra devant Dieu sans aucun péché.

Quant à supporter le mal, c’est aussi de la résignation mais plus pénible à supporter. C’est le symbole des véridiques et des Saints. Son sens réel, c’est être persécuté pour la cause de Dieu et supporter la souffrance sans rendre le mal pour le mal, sans se venger ni se soucier de sa personne tant que cela est fait pour l’amour de Dieu et en quête de Son consentement.

Dans cette endurance, il a en vue comme : exemple les prophètes et les vertueux. Rares sont ceux qui, parmi eux, n’ont pas été malmenés et persécutés pour la cause de Dieu.

Ben Massoud disait : « J’ai toujours présent devant moi ce spectacle poignant, celui du Prophète Mohammed (…), à l’instar des anciens messagers, battu par son peuple, ensanglanté, essuyant le sang sur son visage en disant : « Seigneur ! Pardonne à mon peuple, car il agit par ignorance. » (Boukhari et Moslim)

Ce n’est là qu’un exemple de l’endurance du Prophète (…).

Khabab raconte ce qui suit : « Nous nous sommes plaints au Prophète (Sallalahu ‘alayi wa salam). Il était accoudé à l’ombre de la Kaaba à un habit enroulé. Nous lui dîmes : -« N’implores-tu pas Dieu pour nous faire triompher de nos persécuteurs, ne Le pries-tu pas pour nous ? Il nous répondit : -« Auparavant, on prenait l’homme, on lui creusait une fosse, on l’y mettait, puis au moyen d’une scie placée sur la tête, on le coupait en deux. Avec de peignes en fer on lui arrachait la chair à même les os. Tout cela ne lui faisait pas renier sa foi. » (Boukhari)

Le Coran nous a rapporté les récits des prophètes et leurs réponses aux peuples qui les tourmentaient, on y lit :

Comment ne pas nous remettre à Dieu, Lui qui nous a guidés vers des voies sûres pour notre salut ? Aussi sommes-nous fermement résolus à supporter vos outrages. Dieu est le meilleur soutien de ceux qui se fient à Lui. [14.Abraham.12]

Jésus ne cessait de dire aux fils d’Israël : -Avant moi, on vous a dit : usez de la loi du talion : dent pour dent, nez pour nez…Mais moi je vous dis : Ne rendez jamais le mal pour le mal. Celui qui te donne un soufflet sur la joue droite présente lui ta joue gauche, celui qui te confisque ton manteau, remets lui ton habit. (Ghazali : El Ih’ia).

Les compagnons du Prophète (Sallalahu ‘alayi wa salam) disaient :-Nous n’estimions pas complète la foi de l’homme, tant qu’il ne faisait pas preuve d’endurance dans l’adversité. Stimulé par ces exemples vivants de patience et d’endurance, le musulman cherche à se caractériser de patience et d’endurance, en vue de remporter la récompense promise par Dieu : il ne profère aucune plainte, ne se laisse pas emporter par la colère, ne rend pas le mal par le mal mais le rejette par la bonté. Il excuse, endure et pardonne.

Dieu dit :

-Celui qui est patient et sait pardonner témoigne d’une heureuse maîtrise de lui-même.

[42-La Délibération.43]

Le retour à Dieu ou le repentir

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Les savants ont dit :

« Le repentir de tout péché est une obligation :

a) S’il s’agit d’une désobéissance entre l’homme et Dieu exalté, ne se rapportant pas au droit d’un humain, le repentir à trois conditions pour être agréé de Dieu : 1. Qu’on cesse immédiatement de désobéir. 2 Qu’on éprouve le regret d’avoir désobéi. .3. Qu’on décide de ne plus jamais revenir à cette désobéissance.

Si l’une de ces 3 conditions vient à manquer, le repentir n’est plus valable.

b) Si cette désobéissance lèse un être humain, le repentir a alors 4 conditions : les trois précédentes et l’on doit s’acquitter en outre du droit de la personne lésée. S’il s’agir d’argent ou autre chose pareille, on doit le lui restituer. S’il s’agit d’une calomnie proférée contre lui, on doit se mettre à sa disposition pour en recevoir le châtiment, ou bien on essaie d’obtenir son pardon. Si c’est une médisance, on doit aussi s’en excuser. On doit se repentir de tous les péchés. Si le pécheur se repent seulement de certains de ses péchés, les gens justes disent que son repentir est valable pour ce qui concerne ces péchés mais qu’il doit se repentir de ce qui en reste. Les arguments du Livre, de la Sunna et du consensus de la communauté sont tous unanimes pour dire que le repentir est obligatoire.

Dieu le Très Haut a dit :

24.31 « … Revenez tous à Dieu, Ô Croyants ! Peut-être récolterez-vous le succès ».

2.3 « Implorez votre absolution de votre Seigneur puis revenez à Lui ».

66.8 « O vous qui avez cru ! Revenez à Dieu dans un retour sincère ».

Pour ce qui est des hadiths :

13. Abou Hourayra (RA) a dit : J’ai entendu le Messager de Dieu (saws) dire : « Par Dieu : ! Je me repens sûrement chaque jour plus de soixante dix fois » (Rapporté par Al Boukhari)

14. Al Aghar Ibn Yasâr Al Mouzanî a dit : Le Messager de Dieu (saws) à dit : « O gens ! revenez à Dieu et implorez de Lui votre absolution ; je me repens moi-même cent fois par jour » (Rapporté par Moslem)

15. Anas Ibn Malek Al Ansarî (RA), le serviteur du Messager de Dieu (saws) a dit : Le Messager de Dieu (saws) a dit : « Certes Dieu se réjouit du repentir de Son esclave plus que ne se réjouit l’un de vous lorsqu’il se retrouve par hasard son chameau après l’avoir perdu dans une terre désertique » (URA)

Et dans la version de Moslem : Dieu Se réjouit certainement de Son esclave quand il revient à Lui plus que ne se réjouit l’un de vous qui était sur sa monture dans une terre désertique. Elle s’échappe tout à coup en emportant sa nourriture et sa boisson. Il désespère de la revoir et s’allonge à l’ombre d’un arbre n’ayant aucun espoir de retrouver sa monture. Cependant qu’il est ainsi, voilà que sa monture se tient debout devant lui. Il la saisit par la bride et dit sous l’effet de sa joie excessive : « Seigneur Dieu ! Tu es mon esclave et je suis Ton seigneur » (s’étant embrouiller tellement il était joyeux).

16. Selon Abou Mûssa Al Ash’arî, le prophète (saws) a dit : « Dieu exalté tend Sa Main la nuit pour accepter le repentir du pécheur du jour et le jour pour accepter le repentir du pécheur de la nuit ; et ce jusqu’à ce que le soleil se lève de l’Occient (c’est à dire jusqu’à la résurrection) » (Rapporté par Moslem).

17. Selon Abou Hourayra (RA), Le Messager de Dieu (saws) a dit : « Celui qui s’est repenti avant que le soleil ne se lève de l’Occident, Dieu agrée son repentir ». (Rapporté par Moslem).

18. Selon ‘Abdulâh Ibn ‘Omar (RA), le Prophète de Dieu (saws) a dit : « Dieu glorifié et honoré accepte le repentir de l’esclave (=l’homme) tant qu’il n’est pas à l’agonie de la mort ». (Rapporté par Tirmidhi)

19. Zirr Ibn Houbeysh a dit : « Je me rendis chez Safwân Ibn ‘Assal (RA) pour l’interroger sur le passage des mains sur les chaussures (permission réservée au voyageur, dans ses ablutions, de ne pas se déchausser mais de passer ses mains mouillées sur ses chaussures). Il me dit : « Qu’est ce qui te fait venir, O Zirr ? ». Je dis : « La recherche du savoir ». Il dit : « Les Anges baissent leurs ailes (par respect et humilité) devant celui qui se consacre à la recherche du savoir ». Je dis « Mon esprit n’a pas accepté la permission du passage des mains après les défections et l’urine, et tu es l’un des Compagnons du Prophète (saws). Je suis donc venu te demander si tu l’as entendu dire pareille chose ». Il dit « Oui, et il nous ordonnait, quand nous étions en voyage, de ne pas nous déchausser durant trois jours avec leurs nuits sauf en cas de souillure majeur (rapport sexuel) à l’exception des défécations, de l’urine et du sommeil. » Je dis : « L’as-tu entendu dire quelque chose au sujet de ceux que l’on aime ? ». Il dit : « Oui. Nous étions avec le Messager de Dieu (saws) dans un voyage. Alors que nous étions auprès de lui, voilà qu’un bédouin l’appela d’une voix qu’il avait bien forte : « O Mohammad ! » Le Messager de Dieu (saws) lui répondit à peu près sur le même ton : « Me voici ! ». Je dis au bédouin : « Malheur à toi ! Baisse un peu ta voix ! ». Il dit : « Par Dieu je ne baisserai pas ma voix ». Puis il dit : « L’homme aime certaines gens mais ne peut atteindre leur niveau (pour être avec eux au Paradis), dis moi ce que tu en penses ! ». Le Prophète (saws) lui dit : « Au jour de la résurrection, l’homme est avec ceux qu’il a aimé ». Puis il ne cessa de nous parler jusqu’à ce qu’il cita une porte qui s’ouvrira de l’Occident et dont la largeur équivaudrait au parcours du cavalier durant quarante ou soixante dix ans. Souyân, l’un des narrateurs, dit : « Cette porte s’ouvrira du côté de la Syrie. Dieu exalté l’a créée le jour même où il créa les cieux et la terre, ouverte au repentir et ne se refermant que lorsque le soleil se lèvera de son côté ». (Rapporté par Tirmidhi)

20. Selon Abou Sa’id Al Khoudri (RA), Le Messager de Dieu (saws) a dit : « Parmi ceux qui vivaient avant vous il y avait un homme qui avait tué quatre vingt dix neuf personnes. Il demanda quel était le plus grand savant de la terre. On lui désigna un moine. Il alla le trouver et lui dit qu’il avait tué quatre vingt dix neuf personnes. Est-ce qu’il restait quelque possibilité de se repentir ? « Le moinde dit aussitôt : « Non ». Il le tua sur le coup et compléta ainsi à cent le nombre de ses victimes. Puis il demanda quel était l’homme le plus savant de la terre. On lui en désigna un. Il lui dit : « J’ai tué cent personnes. Ai-je encore quelque possibilité de me repentir ? » Il Lui dit : « Oui et qu’est ce qui suppose à ton retour à Dieu ? Va à tel pays. Là vivent des gens qui ne font qu’adorer Dieu exalté. Adore Dieu avec eux et ne te retourne plus à ton pays car c’est une terre de mal ». Il se mit donc en marche et lorsqu’il fut à la moitié du chemin il fut atteint par la mort. Les Anges de la miséricorde (ceux qui accueillent les mourant agréés par Dieu) se disputèrent à son sujet avec les Anges des tourments (les uns voulant le destiner au Paradis les autres voulant le destiner à l’Enfer). Les Anges de la miséricorde dirent : « Il est venu plein de repentir désirant de tout son cœur retourner à Dieu ». Les Anges des tourments dirent : « Il n’a jamais fait de bien dans sa vie ». C’est alors qu’un Ange vint à eux sous une apparence humaine. Ils le prirent comme arbitre. Il leur dit : « Mesurez la distance qui le sépare de la terre du mal et celle qui le sépare de la terre du bien. Destinez le ensuite à celle dont il est le plus proche ». Ils mesurèrent et trouvèrent qu’il était plus près de la terre qu’il voulait rejoindre et ce furent les Anges de la miséricorde qui lui retirèrent son âme. (URA).

Dans une autre version : « La cité vertueuse était plus proche d’une seule palme et c’est pourquoi il fut compté de ses habitants ». Dans une troisième version : « Dieu exalté inspira à la terre du mal de s’éloigner et celle du bien de se rapprocher. Puis Il dit : « Mesurez la distance qui les sépare ». Ils trouvèrent qu’il était plus proche d’une palme de la cité du bien. Aussi fut-il absout de ses péchés.

Commentaire :

Le Croyant doit constamment vivre entre la crainte de l’Enfer et l’espoir du Paradis. Il ne doit à aucun moment se sentir à l’abri de la ruse de Dieu.

Notre seigneur le calife Abou Bakr (RA) disait que même s’il avait un pied au Paradis il ne se sentirait à l’abri de la ruse de Dieu que lorsqu’il y mettrait l’autre.

Un hadith nous dit qu’un homme peut faire durant toute sa vie l’œuvre des gens destinés au Paradis et commettre à sa fin un péché qui l’envoie droit en Enfer.

De même qu’un homme peut agir toute sa vie à la façon des gens destinés à l’Enfer puis faire àa sa fin une seule bonne action qui lui ouvre les portes du Paradis.

On rapporte qu’un bédouin vint demander au Prophète (saws), juste avant une bataille, s’il irait au Paradis en mourant pour la cause de Dieu. Le Prophète (saws) lui dit « Oui » Le bédouin jeta alors les quelques dattes qu’il mangeait et se lança comme un lion dans la bataille où il connut le martyre. Le Prophète (saws) dit à ses Compagnons : « Voilà un homme qui n’a à son actif ni prières, ni jeûnes mais qui entrera quand même au Paradis ». Cela ne veut nullement dire qu’on ne doit pas s’acquitter de ses obligations religieuses dès la tendre enfance, mais qu’on ne doit jamais désespérer de la clémence de Dieu ni être trop sûr de la validité de son œuvre.

21. ‘Abdullah Ibn Ka’b Ibn Malek (RA) a dit : « J’ai entendu Ka’ab Ibn Malek (RA) raconté sa fameuse histoire lorsqu’il faussa compagnie au Messager de Dieu (saws) lors de l’expédition de Tabuk. Ka’b a dit : Je n’ai jamais faussé compagnie au Messager de Dieu (saws) dans aucune de ses campagnes sauf celle de Tabuk. Cependant je n’ai pas participé à la bataille de Badr et, à ce moment, aucun de ceux qui s’en étaient absentés ne reçut pour cela de reproche. C’est que Messager de Dieu (saws) n’était sorti avec les musulmans qu’à la recherche de la caravane (commerciale) de Qoreysh jusqu’à ce que Dieu exalté les mît face à face avec leur ennemi, sans rendez-vous préalable. J’ai effectivement été témoin avec le Messager de Dieu (saws) de la nuit de ‘Aqaba où nous avions signé notre pacte sur la base de l’Islam. Or je ne donnerai pas un tel honneur en échange de ma participation à la bataille de Badr, bien que les gens la mentionnent plus souvent que l’alliance d’Al ‘Aqaba en question.

Pour ce qui est de ma défection de l’expédition de Tabuk, je n’ai jamais été plus fort, ni plus riche que lorsque j’y fis défaut. Par Dieu, je n’ai jamais possédé avant elle deux montures à la fois. Le Messager de Dieu (saws) n’entreprenait jamis une expédition sans faire semblant de se diriger vers une autre (pour tromper les espions de l’ennemi) ; jusqu’à ce que vînt le tour de cette expédition qu’il fit dans une période de très grandes chaleurs. Il se mit donc en route pour un long voyage (les confins de la Palestine) dans un immense pays désertique et aride. Il devait en outre rencontrer un ennemi très nombreux. Aussi dit-il cette fois aux Musulmans leur vraie destination afin qu’ils prennent leurs dispositions en conséquence. Les musulmans étaient nombreux avec lui, mais aucun registre ne les mentionnait. Ka’b a dit : « Si bien que celui qui voulait déserter était presque sûr de passer inaperçu, à moins que Dieu ne fasse une révélation coranique à son sujet. Donc le Messager de Dieu (saws) entreprit cette expédition à un moment où les fruits étaient mûrs et où l’ombre était bien désirable. Or j’étais l’homme le plus désireux de jouir de ces fruits et de cette ombre. Le Messager de Dieu (saws) s’était équipé de même que les Musulmans avec lui. Quant à moi, je sortais tous les matins pour m’équiper mais je rentrais sans en avoir rien fait, me disant, à chaque fois, que je pourrais le faire à l’heure que je voulais. Cette situation dura jusqu’à ce que les musulmans eussent redoublé d’efforts dans leurs préparatifs et, le lendemain matin, ils prirent le chemin de la guerre avec le Messager de Dieu (saws) . Je n’avais pourtant rien préparé pour être des leurs. Je rentrai donc chez moi, cette fois encore, sans avoir rien fait. Si bien qu’ils prirent sur moi une trop grande avance. A un moment donné, pourtant, j’ai voulu partir à leurs traces (et combien j’aurais voulu l’avoir fait !) mais Dieu ne me prédestinait pas à cet honneur. Chaque fois que je me mêlais aux gens après le départ du Messager de Dieu (saws) je ne me voyais semblable qu’à quelqu’un sur qui pesait lourdement une ombre d’hypocrisie ou à l’un de ces faibles que Dieu avait exemptés pour cause de maladie. Le Messager de Dieu (saws) ne cita pourtant pas mon nom jusqu’à son arrivée à Tabuk. Cependant qu’il était assis avec un nombre de gens, il dit par la suite : « Qu’a donc fait Ka’b Ibn Malek ? ». Quelqu’un des Banni Salam dit : « O Messager de Dieu ! Il a été sans doute retenu à Médine par la beauté de ses habits et par sa vanité ». Mou’adh Ibn Jabal (RA) lui dit alors : « Quelles bien vilaines paroles tu viens de proférer ! O Messager de Dieu ! Nous n’avons jamais entendu dire à son sujet que du bien ». Le Messager de Dieu (saws) ne dit rien. Sur ces entrefaites apparut à l’horizon un homme vêtu de blanc s’avançant dans le mirage. Le Messager de Dieu (saws) dit : « Sois Abou Khaythama ! », et ce fut effectivement Abou Khaythama l’Ansarite. C’était lui qui avait fait jadis aumône de quelques poignées de dattes, ce qui lui valut les sobriquets des hypocrites. Ka’b dit : « Lorsque j’appris que le Messager de Dieu (saws) avait pris le chemin de retour de TAbuk, je fus envahi d’une grande tristesse. Je me mis à penser à quelque mensonge pour me disculper en me disant en moi-même : « Quelle excuse va bien me sortir de sa colère ? » Je rpis conseil en cela auprès des gens de ma famille. Quand on m’a appris que le Messager de Dieu (saws) était désormais tout proche, toutes mauvaises inspirations disparurent de mon esprit et je sus ainsi que rien ne pouvait me sauver de sa colère. Aussi ai-je décidé de choisir plutôt la voie de la sincérité. Le lendemain matin il était de retour. Or, lorsqu’il rentrait d’un voyage, il réservait toujours sa première visite à la mosquée. Il y fit deux unités de prières puis s’assit pour accueillir les gens. C’est alors que vinrent à lui ceux qui ne l’avaient pas suivi,lui présentant leurs excuses avec force serments. Ils étaient un peu plus de quatre-vingts. Il accepta leur éta apparent, agréa leur allégeance et implora pour eux l’absolution divine tout en laissant à Dieu le Très-Haut le soin de juger ce qu’ils cachaient en eux-mêmes.

C’est alors que je vins moi-même. Quand je le saluai, il sourit de la façon de quelqu’un en colère puis me dit : « Viens ici ! ». Je m’avançai et je m’assis devant lui. Il dit : « Qu’est-ce donc qui t’a empêché de te joindre à nous ? N’avais-tu pas déjà acheté ta monture ? » Je dis : « O Messager de Dieu ! Si je me trouvais maintenant devant un autre que toi de tous les habitants de ce monde, j’aurais certainement jugé que je m’en sortirais par quelque excuse, d’autant plus que j’ai le don de la polémique. Mais, par Dieu, j’ai bien su que si je te racontais aujourd’hui quelque mensonge pour te satisfaire, Dieu ne serait pas loin de me frapper de Sa Colère et, si je te disais la pure vérité qui pourrait te fâcher quelque peu contre moi, je pourrais espérer une conclusion heureuse de la part de Dieu Tout-Puissant. Par Dieu, je n’avais aucune excuse de rester à l’arrière. Par Dieu, je n’avais jamais été aussi fort ni aussi riche que lorsque je t’ai fait détection ».

Le Messager de Dieu (saws) dit alors : « Voilà quelqu’un qui a parlé sincérement. Debout et va-t-en de là en attendant que Dieu prononce sur toi Son jugement ! ». Des homes de la tribu des Bani Salama sortirent à ma suite et me dirent : « Par Dieu, nous n’avons jamais appris sur toi que tu avais commis un péché avant celui-là. Tu aurais bien pu t’excuser auprès du Messager de Dieu (saws) comme se sont excusés les autres déserteurs. Il t’aurait largement suffi auprès de Dieu que Son Messager priât pour ton absolution ». Il dit : « Par Dieu, Ils n’ont pas cessé de me faire des reproches jusqu’à ce que j’ai voulu retourné auprès du Messager de Dieu pour revenir sur mes premières déclarations. Puis je leur dis : « Est-ce que d’autres sont dans mon cas ? » Ils dirent : « Oui, il y a deux hommes qui tinrent les mêmes propos que toi et qui obtinrent la même réponse ». Je dis : « Qui sont-ils ? ». Ils dirent : « Mourara Ibn Arrabî Al ‘Amrî et Hilâl Ibn Oumaya Al Wâqifî ». Il dit : « Ils m’ont nommé là deux hommes vertueux qui avaient participé à la bataille de Badr et qui étaient dignes d’être pris en exemple. Lorsqu’on me les cita, je m’en allai. Le Messager de Dieu (saws) avait interdit entre temps qu’on nous adressât la parole à tous les trois entre tous ceux qui avaient déserté. Ainsi les gens nous évitaient (ou il a dit : « changèrent d’attitude envers nous ») si bien que je ne reconnaissais plus la terre car ce n’étais plus celle que je connaissais. Nous restâmes dans cette situation cinquante longues nuits. Quant à mes deux compagnons d’infortune, ils se résignèrent à leur sort, gardèrent leur maison et ne cessèrent pas de pleurer. Pour ma part, j’étais le plus jeune et le plus fort des trois. Je sortais pour prendre part à la prière avec les musulmans et je parcourais les marchés sans que personne ne m’adressât la parole. J’allais à chaque fois au Messager de Dieu (saws), je le saluais alors qu’il était assis après la prière. Je me demandais en moi-même s’il avait ou non remué les lèvres pour répondre à mon salut. Puis je me plaçais pour prier tout près de lui et je l’épiais furtivement. Quand je me plongeais dans ma prière, il me regardait et quand je me tournais vers lui, il se détournait de moi. Quand cette mise en quarantaine des musulmans dura trop longtemps pour moi, je n’ai pas hésité à passer par-dessus le mur de Abou Qatada ; il était mon cousin et l’un de mes plus chers amis Je lui adressai le salut. Par Dieu, il n’a même pas daigné me le rendre. Je lui dis : « O Abou Qatada ! Je te supplie par Dieu de me dire si tu sais que j’aime Dieu et Son Messager ». Il se tut. J’y reviens de nouveau et il se tut encore. J’insistai encore une fois et il me dit enfin : « Dieu et Son Messager sont plus à même de le savoir ». Mes yeux débordèrent alors de larmes. Je m’en allai et passai de nouveau par-dessus son mur. Tandis que je déambulais dans les rues commerçantes de Médine, voilà qu’un Nabatéen (paysan) de Syrie, de ceux venus avec du blé pour le vendre, criait : « Qui peut me dire où se trouve Ka’b Ibn Malek ? ». Les gens se mirent à me désigner jusqu’à ce qu’il vînt à moi et me donnât une lettre de la part du roi Ghassan. Je savais alors lire. Je lus donc la lettre et il y avait ceci : « Or, donc, nous avons appris de ton compagnon (le Prophète) est en frois avec toi et Dieu ne t’a jamais placé dans une demeure d’humiliation et d’abandon. Rejoins-nous donc et Nous te consolerons de te déboires ». Je dis après sa lecture : « Voilà bien encore l’une de ces épreuves qui m’accablent en ces moments ». je me dirigeai avec la lettre vers le four à pain et je la brûlai Jusqu’à ce qu’eussent passé quarante nuits ( de quarantaine imposée). La révélation de Dieu tardait à venir (pour me disculper). C’est alors que le Messager de Dieu (saws) vint me dire : « Le Messager de Dieu (saws) t’ordonne de ne plus approcher ta femme ». Je lui dis : « Dois-je la répudier ?ou bien que dois-je faire ? ». Il dit : « Non, mais isole-toi simplement d’elle et ne l’approche plus ». Il envoya le même message à mes deux compagnons. Je dis à ma femme : « Va chez ta famille et reste-y jusqu’à ce que Dieu prononce Son jugement dans cette affaire ». La femme de Hilal Ibn Oumaya vint dire u Messager de Dieu (saws) : « O Messager de Dieu ! Hilal Ibn Oumaya est un vieillard perdu n’ayant aucun domestique. Est-ce qu’il te répugne que je le serve ? ». Il dit : « Non, mais qu’il ne t’approche surtout pas ! ». Elle dit : « Par Dieu, il est incapable de quoi que ce soit et, par Dieu, il ne cesse de pleurer jusqu’à ce jour depuis cette triste affaire ». Certains de mes parents me dirent : « Pourquoi ne demandes-tu pas au Messager de Dieu la permission de garder ta femme puisqu’il a autorisé celle de Hilal Ibn Oumaya à le servir ? ». Je dis : « Je ne demanderai pas la permission de la garder car je sais ce que dirait de moi le Messager de Dieu (saws) si je lui demandais cette permission alors que je suis jeune ». Je restais ainsi dix nuits ; si bien que s’accomplirent pour nous cinquante nuits depuis qu’il a été interdit de nous adresser la parole.

Puis je fis laprière de l’aube le lendemain de la cinquantième nuit sur le toit de l’une de nos maisons. Pendant que j’étais assis dans cet état dont Dieu a parlé dans Son Livre (« jusqu’à ce qu’ils se fussent sentis à l’étroit dans la terre malgré son ampleur ») j’entendis tout à coup la voix de quelqu’un qui criait du haut du mont Sala’ me disant aussi fort qu’il pouvait : « O Ka’b Ibn Al Malek ! Réjouis toi de la bonne nouvelle ! ». Je tombai aussitôt en prosternation sachant que quelque chose de nouveau était venue me délivrer de ma situation oppressante. Le Messager de Dieu (saws) avait en effet annoncé lors de la prière de l’aube que Dieu avait enfin agrée notre repentir. Les gens coururent vers nous pour nous porter la bonne nouvelle. Deux hommes partirent pour en informer mes deux compagnons et un troisième se lança dans ma direction au galop de son cheval. Un autre homme de la tribu de Aslam courut vers moi et parvint, avant l’arrivée du cavalier, sur le mont Sala’. Sa voix fut plus rapide que le cheval. Quand vint à moi celui dont j’avais entendu la voix annonciatrice de bonne nouvelle, j’ôtai mes deux tuniques et je l’en revêtis, en récompense de sa bonne nouvelle. Par Dieu, je n’avais pas d’autres tuniques que celles là. Je dus en emprunter deux pour me couvrir moi-même. Je partis alors en direction du Messager de Dieu (saws) cependant que les gens m’accueillaient en groupe, me félicitant de l’agrément de mon repentir et me disant : « Nous te félicitons pour l’agrément par Dieu de ton repentir ». J’entrai finalement à la mosquée et voilà que le Messager de Dieu (saws) y étais assis au milieu des gens. Il me serra la main et me félicita. Par Dieu, aucun autre des Mouhajirîn (les exilés de la Mecque) ne se leva à ma rencontre. Ka’b n’a jamais plus oublié à Talha cette marque d’amitié. Ka’b dit : « Lorsque j’eus salué le Messager de Dieu (saws), il me dit, le visage rayonnant de joie : « Réjouis-toi du plus beau jour que tu aies jamais connu depuis que ta mère t’a mis au monde ! ». Je dis : « Est-ce que cette faveur provient de toi, ô Messager de Dieu (saws), ou est-ce de Dieu ? » Il dit : « Plutôt de Dieu, Tout Puissant ». Or quand le Messager de Dieu (saws) était content, son visage rayonnait de lumière au point qu’il ressemblait à un morceau de lune éclatante. Nous savions cela de lui. Une fois assis devant lui, je dis : « O Messager de Dieu ! Pour prouver encore plus mon repentir, je voudrais faire aumône d’une partie de mes biens pour Dieu et pour Son Messager ». Le Messager de Dieu (saws)dit : « Garde une partie de tes biens pour toi-même, cela est préférable pour toi ». Je dis : « Je garde ma part du butin de Khaybar ». Je dis en outre : « O Messager de Dieu ! Dieu le Très Haut ne m’a sauvé qu’à cause de ma sincérité et , comme autre preuve de mon repentir, je ne dirai plus que la vérité tant que je vivrai ». Par Dieu je n’ai jamais appris jusqu’à ce jour qu’aucun musulman n’a été mieux récompensé que moi par Dieu le Très-Haut pour sa sincérité depuis que j’ai dit cela au Messager de Dieu (saws) ; je souhaite que Dieu me préserve du mensonge pour le restant de ma vie ». Il dit : « Dieu le Très-Haut fit alors descendre (révéla) les versets suivants : « Dieu a agrée le repentir du Prophète, des Mouhajirûn et des Ansârs qui l’ont suivi dans les heures difficiles… ». Jusqu’à ces paroles : « …Il est certainement pour eux compatissant et miséricordieux. Il agréa aussi le repentir des trois qui ont été laissés de côté jusqu’au moment où la terre devint pour eux bien étroite malgré son ampleur… » jusqu’à ce qu’il arrivât à ces mots : Craignez pieusement Dieu et soyez parmi les véridiques »). Ka’b dit : « Par Dieu, je n’ai jamais reçu de Dieu une plus grande grâce depuis qu’il m’a guidé à l’Islam que celle d’avoir été sincère avec le Messager de Dieu (saws) et de ne lui avoir pas dit de mensonge. Sinon j’aurais été perdu comme l’ont été ceux qui lui avaient menti. Dieu le Très Haut avait en effet dit de ceux qui avaient menti, quand il fit descendre la révélation, la plus mauvaise chose qu’Il eut jamais dite de quelqu’un : « Ils vous jureront par Dieu, si vous êtes de retour parmi eux, afin que vous vous détourniez d’eux. Détournez-vous donc d’eux ; car ce sont des êtres immondes et leur refuge est l’Enfer en rétribution de leurs forfaits (95). Ils vous font des serments afin que vous leur accordiez votre satisfaction. Si vous la leur accordez, Dieu n’accorde pas Sa satisfaction à la gent dévoyée (96) » (sourate 9).

Ka’b dit : « Quant à nous trois, nous n’avons pas été du nombre de ceux qui avaient juré de leur sincérité au Messager de Dieu (saws) qui accepta leurs excuses et leur allégeance et pria pour leur absolution. Il avait ainsi laissé notre cas en suspens jusqu’à ce que Dieu en décidât de nous. Dieu le Très-Haut avait alors dit : « Et il accepta le repentir des trois qui ont été laissés de côté ». Il voulait dire ainsi non pas que nous avions été laissés en arrière lors de l’expédition de Tabuk, mais qu’on a été laissé de côté par rapport à ceux qui avaient faussement juré de leur innocence. » (URA)

Dans un autre version : « Le Prophète (saws) est sorti un jeudi pour l’expédition de Tabuk. Il aimait en effet sortir le jeudi ». Dans une autre version : « Il ne rentrait d’un voyage qu’en plein jour au matin. Une fois rentré, sa première visite était à la mosquée où il faisait deux unités de prière avant de s’y asseoir ».

22. ‘Omran Ibn Housayn (RA) rapporte qu’une femme de la tribu de Jouhayna vint au Messager de Dieu (saws) alors qu’elle était enceinte à la suite des relations adultères. Elle lui dit : « O Messager de Dieu ! J’ai transgressé l’une des limites de Dieu. Fais-moi subir le châtiment qui s’impose ». Le Prophète (saws) fit alors venir son plus proche parent (son répondant) et lui dit : « Traite-la bien. Dès qu’elle met au monde son enfant, viens me voir ! » Et c’est ce qu’il fit. Le Prophète (saws) donna alors l’ordre de bien attacher ses vêtements à son corps (pour éviter qu’elle ne se découvre) puis de la lapider. Une fois morte, il pria sur elle. ‘Omar lui dit : « O Messager de Dieu ! Tu pries sur elle alors qu’elle a forniqué ? ». Il Lui répondit : « Elle a exprimer un repentir qui, si on le partageait entre soixante dix personnes de Médine, leur suffirait (pour les absoudre). As-tu jamais trouvé de plus noble que son don de sa propre vie à Dieu Tout Puissant. ? » (Rapporté par Moslem)

Commentaire du hadith :

Dans ce hadith on cite le cas d’une femme appelé Al Ghmidya qui était venue d’elle-même se dénoncer pour subir le châtiment prévu par la loi et qui est, en l’occurrence, la mort par lapidation. Il y a eu d’ailleurs d’autres cas pareils enregistrés par l’histoire de la juridiction islamique, tel celui de Ma’iz. Cela semble incroyable à quiconque n’est pas pleinement convaincu des vérités de l’Islam. Or un musulman sait que ce monde est éphémère et que ses joies et ses misères ne pèsent rien devant celles de l’au-delà. C’est pourquoi il préfère subir le châtiment de ses fautes dans ce monde dans l’espoir d’en être acquitté dans l’autre. La réponse du Prophète (saws) au calife ‘omar est bien significative à ce sujet. Il lui a dit en effet que le repentir de cette malheureuse pécheresse suffirait à blanchir soixante dix des pécheurs de Médine. C’est cette foi profonde et sincère qui fait d’ailleurs que de tels châtiments ne se justifient en pratique que très rarement à tel point qu’on les mentionne dans les livres d’histoire alors que la chronique quotidienne des faits divers nous annonce chaque jour plus d’horreurs à cause du délaissement de la législation divine jugée par des ignorants sans foi si scrupule comme un signe de rétrogradation et d’obscurantisme. Cela démontre bien l’efficacité de la juridiction islamique pour assurer la propreté morale et la sécurité dans une société effectivement musulmane alors que les autres législations ont largement prouvé leur faillite totale dans les pays qui se disent civilisés où les crimes, les viols et autres actes de banditisme se comptent par milliers à la minute.

23. Selon Ibn ‘Abbas (RA) et Anas Ibn Malek (RA), le Messager de Dieu (saws) a dit : « Si le fils d’Adam avait une vallée pleine d’or, il en souhaiterait une deuxième. Seule la terre en effet peut lui remplir la bouche. Dieu accepte pourtant le repentir de qui revient à Lui » (URA)

24. Selon Abou Hourayra (RA), le Messager de Dieu (saws) a dit : « Dieu glorifié et exalté rit à la vue de deux hommes dont l’un tue l’autre et qui entrent pourtant tous deux au Paradis : L’un d’eux combat sur le chemin de Dieu et y est tué. Puis Dieu agrée le repentir du meurtrier qui embrasse alors l’Islam et connaît à son tour le martyre pour la cause de Dieu. » (URA)

La sincérité et la présénce de l’intention dans les actes

7

DIEU LE TRÈS HAUT a dit :

1. Sourate 98 Verset 5 : « Il ne leur a été commandé, cependant, que d’adorer ALLAH, LUI vouant un culte exclusif, d’accomplir la Prière et d’acquitter la Zakat. Et voilà la religion de droiture.»

2. Sourate 22 Verset 37, parlant des offrandes qu’on sacrifie à DIEU : « Ni leurs chairs ni leurs sangs n’atteindront ALLAH, mais ce qui L’atteint de votre part c’est la piété. […] »

3. Sourate 3 Verset 29 : « Dis : « Que vous cachiez ce qui est dans vos poitrines ou bien vous le divulguiez, ALLAH le sait. IL connaît tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Et ALLAH est OMNIPOTENT. » »

Quand au Hadiths, nous en citons les suivants:

1- Le calife 3Omar رضي الله عنه a dit : J’ai entendu le Messager de DIEU صلى الله عليه و سلم dire : « Les actions ne valent que par les intentions et chacun n’a pour lui que ce qu’il a eu réellement l’intention de faire. Celui qui s’est exilé par amour de DIEU et de Son Messager, son exil est pour DIEU et Son Messager. Celui qui s’est exilé pour parvenir à des biens de ce bas-monde ou pour épouser une femme, son exil est pour la raison qui l’y a poussé. » (URA Rapporté par les deux Imams Al-Boukhari et Mouslim)

2- La mère des Croyants, 3Aicha رضي الله عنه a dit : le Messager de DIEU صلى الله عليه و سلم a dit « Une armée se mettra en marche (à la fin des temps) pour détruire la Ka3ba. Quand elle sera dans une zone désertique, la terre les engloutira tous, du premier jusqu’au dernier.» Elle ajouta : « J’ai dit : Ô Messager de DIEU ! Comment seront-ils engloutis du premier au dernier alors qu’il y aura parmi eux leurs subordonnés (qui sont astreints à les suivre) ainsi que des étrangers à eux ? » Il dit : « Ils seront engloutis du premier au dernier puis ressusciteront chacun selon sa propre intention » (URA Boukhari)

3- 3Aisha رضي الله عنه a rapporté ce Hadith : « Plus d’exil après la libération de la Mecque, mais il n’y a plus dorénavant qu’une sortie pour la guerre sainte ou pour toute autre bonne intention. Quand on vous appelle au combat, répondez-y. » (Hadith authentique)

Cela veut dire qu’on ne s’exile plus de la Mecque car elle est désormais terre d’Islam.

4- Djabir Ibn 3abdALLAH Al-Ansari رضي الله عنه a dit : « Nous étions avec le Prophète صلى الله عليه و سلم à l’expédition de Tabouk lorsqu’il dit « Il y a certainement à Médine des hommes qui, dans toute marche que vous faites et dans toute la vallée que vous traversez, sont avec vous : Ce sont ceux qui y ont été retenus par la maladie » Dans une autre version : « Ils partagent avec vous le salaire de vos œuvres (Rapporté par Mouslim et Boukhari à partir de Anas رضي الله عنه qui a dit : « Nous étions avec le Prophète صلى الله عليه و سلم, de retour de l’expédition de Tabouk, quand il dit : « Des gens derrière nous à Médine, il n’est pas un sentier de montagne ou de vallée qu’on parcourt sans qu’ils n’y soient avec nous. C’est en effet une excuse valable qui les a retenus. »

5- Abou Yazid Ma3n Ibn yazid Al-Akhnas رضي الله عنه, tous les trois Compagnons du Prophète صلى الله عليه و سلم, a dit : « Mon père Yazid avait sorti quelques dinars pour en faire aumône. IL les plaça chez un homme à la mosquée. Je vins alors les prendre et je suis allé avec les dinars vers mon père. » Il dit : « Par DIEU, ce n’est pas à toi que je les destinais. » Je me plaignais auprès du Messager de DIEU صلى الله عليه و سلم qui dit : « Toi, Yazid, tu as eu le salaire de ce que tu avais l’intention de faire, et toi, Ma3n, tu n’as pris que ce qui te recevait de plein droit. » (Al Boukhari)

6- Sa3d Ibn Abi Waqas رضي الله عنه, l’un des dix qui à qui le Prophète صلى الله عليه و سلم a annoncé qu’ils iraient au Paradis, a dit : « Le Messager de DIEU صلى الله عليه و سلم vint me rendre visite alors que j’étais gravement malade dans l’année du pèlerinage d’adieu. Je lui dis : « Ô Messager de DIEU ! Ma maladie a atteint le degré que tu vois cependant que j’ai de l’argent et n’ai qu’une fille pour m’hériter. Puis-je faire aumône des deux tiers de ma fortune ? » Il dit : « Non » Je dis : «Et de la moitié ?». Il dit : « Non » Et du tiers ? Ô Messager de DIEU ! » Il dit : «Du tiers et le tiers est déjà beaucoup. Il vaut mieux que tu laisses tes héritiers riches plutôt que de les laisser à la charge des autres, tendant la main aux gens. Jamais tu ne feras une dépense désirant par elle LE VISAGE DE DIEU sans que tu en aies la récompense, même par simple bouchée que tu mets dans la bouche de ta femme.» Il dit : « Ô Messager de DIEU ! Est-ce que DIEU va me laisser à la Mecque après le départ de ces compagnons (à Médine) ? » Il dit : « Aussi longtemps que tu y seras laissé et que tu y feras une action ou tu ne désireras que LE VISAGE DE DIEU, cela t’élèvera d’un degré. Puis qui sait si tu ne seras pas laissé à la Mecque pour que ta présence y soit un bien pour certains et un mal pour d’autres ? SEIGNEUR DIEU ! Accomplis pour mes Compagnons leur exil et ne les laisse pas faire marche arrière. Mais celui qui est à plaindre c’est Sa3d Ibn Khawla. » Le Messager de DIEU صلى الله عليه و سلم compatit ainsi à son infortune et lui implora la miséricorde de DIEU pour son décès à la Mecque (plutôt qu’à Médine).(URA)

7- Abou Hourayra رضي الله عنه a dit : Le Messager de DIEU صلى الله عليه و سلم a dit : « DIEU EXALTÉ ne regarde ni vos corps ni vos images, mais IL regarde vos cœurs. » (Rapporté par Mouslim)

8- Abou Mousa Al Ash3ari رضي الله عنه a dit : « On demanda au Messager de DIEU صلى الله عليه و سلم lequel de ces trois combattants combat sur le chemin de DIEU :

· – L’homme qui combat par bravoure.

· – L’homme qui combat par esprit partisan.

· – L’homme qui combat par pure ostentation.»

Le Messager de DIEU صلى الله عليه و سلم a dit : « Celui qui combat pour que la parole de DIEU soit la plus haute, c’est ce combat qui est sur la voie de DIEU. » (URA)

9- Abou Bakra رضي الله عنه a dit : Le Messager de DIEU صلى الله عليه و سلم a dit : « Quand deux Musulman croisent le fer, le tueur et le tué tous deux en Enfer. » Je dis : « Ô Messager de DIEU ! Nous sommes d’accord pour le tueur, mais comment le tué va-t-il aussi en Enfer ? » Il dit : « Il aurait tout fait pour tuer son compagnon. » (URA)

10- Abou Hourayra رضي الله عنه a dit : Le Messager de DIEU صلى الله عليه و سلم a dit : « La prière de l’homme en groupe dépasse en valeur sa prière dans son marché ou dans sa maison de vingt trois à trente degrés, et ce parce que lorsque l’un d’eux fait ses ablutions en respectant les règles, puis s’en va à la mosquée ne visant que la prière, n’y étant poussé que par la prière, il ne fait point un seul pas sans qu’on l’élève pour cela d’un degré et qu’on le soulage d’un péché jusqu’à ce qu’il entre à la mosquée. Une fois dans la mosquée, il est considéré en état de prière tant que c’est la prière qui l’y retient. Les Anges ne cessent de bénir l’un de vous tant qu’il est dans la place ou il a prié, disant : « SEIGNEUR DIEU ! Accorde-lui TA miséricorde. SEIGNEUR DIEU ! Accorde-lui TON absolution. SEIGNEUR DIEU ! Accepte son repentir. » et ce tant qu’il n’y fait aucun tort et tant que ses ablutions ne sont pas rompues. » (URA)

11- Selon 3abdALLAH Ibn 3Abas رضي الله عنه, le Messager de DIEU صلى الله عليه و سلم a dit parmi ce qu’il a raconté sur son SEIGNEUR GLORIFIÉ et EXALTÉ : « DIEU a fait mentionner par écrit (par les deux Anges gardiens attachés à chaque personne) les bonnes actions et les mauvaises », puis, il a donné cet éclaircissement : « Celui qui a eu l’intention de faire une bonne action mais n’a pu la réaliser, DIEU, GLORIFIÉ et EXALTÉ, la lui inscrit comme une bonne action entière. S’il a eu l’intention de la faire et s’il l’a exécutée, DIEU lui inscrit pour elle une bonne action supérieure de dix à sept cents fois et davantage encore. S’il a eu l’intention de commettre une mauvaise action, et s’il ne la fait pas, DIEU la lui inscrit comme une bonne action entière. S’il a eu l’intention de la faire et s’il la fait, DIEU la lui inscrit comme une seule mauvaise action. » (URA)

12- 3abdALLAH Ibn 3Omar رضي الله عنه a dit : J’ai entendu le Messager de DIEU صلى الله عليه و سلم dire : « Trois hommes de ceux qui étaient avant vous se mirent en route jusqu’à la tombée du soir qui, les fit entrer dans une grotte où ils se réfugièrent. Un rocher dégringola de la montagne et boucha l’entrée de la grotte. Ils dirent alors : « Vous ne serez libérés de ce rocher que si vous invoquez DIEU EXALTÉ au nom de vos bonnes actions passées ». L’un d’eux dit : « SEIGNEUR DIEU ! J’avais deux parents âgés et je ne donnais jamais à boire son lait à personne avant eux, que ce soit une personne de ma famille ou de mes esclaves. Un jour, j’ai mené paître mes animaux dans un endroit éloigné, si bien que mes parents se sont endormis avant mon retour. J’ai trait pour eux leur part de lait et je les ai trouvés endormis. Il m’a cependant répugné de les réveiller ou de donner leur lait à ma famille ou à mes esclaves. J’ai donc patienté, tenant le bol dans ma main, attendant ainsi leur réveil jusqu’à la pointe du jour, alors que mes enfants criaient de faim à mes pieds. Ils se réveillèrent enfin et burent leur lait. SEIGNEUR DIEU ! Si j’ai fait cela dans l’espoir de voir TON VISAGE, libère-nous de cette pierre qui nous emprisonne ». Le rocher se déplaça un peu mais pas assez pour les laissez sortir. Le second dit : « SEIGNEUR DIEU ! J’avais une cousine que j’aimais par-dessus tout au monde (dans une autre version : que j’aimais aussi fort que l’homme peut aimer les femmes). Je lui faisais des propositions malhonnêtes mais elle s’y est toujours refusée. Jusqu’à ce qu’une année de grande disette la poussât à s’adresser à moi. Je lui donnai alors cent vingt dinars à condition qu’elle se donnât à moi et c’est ce qu’elle accepta. Une fois que je me suis installé entre ses deux jambes, elle dit : « Crains DIEU et ne romps le cachet (l’hymen) que dans la légitimité (du mariage) ! ». Je la laissai alors bien qu’elle fût pour moi l’être le plus cher et je lui ai quand même abandonné l’or que je lui avais donné. SEIGNEUR DIEU ! Si j’ai fait cela dans l’espoir de voir TON VISAGE, sors-nous de notre prison ». Le rocher se déplaça encore un peu mais pas assez pour les faire sortir. Le troisième dit : « SEIGNEUR DIEU ! J’ai pris à mon service des salariés que j’ai rétribués sauf l’un d’eux qui partit en me laissant son salaire. Je le lui fis fructifier jusqu’à en faire une grande fortune. Après un certain temps, il vint me dire : « Ô esclave de DIEU ! Donne-moi mon salaire ! ». Je lui dis : « Tout ce que tu vois là comme chameaux, bovins, ovins et esclaves est le produit de ton salaire ». Il dit : « Ô esclave de DIEU ! Est-ce que tu te moques de moi ? ». Je dis : « Je ne me moque point de toi » !. Il prit alors tous ces biens et les conduisit chez lui sans rien en laisser. SEIGNEUR DIEU ! Si j’ai fait cela dans l’espoir de voir TON VISAGE, sors-nous de cette prison ! ». Le rocher s’écarta alors et ils sortirent en marchant ».

Commentaire : Ce hadith recommande aux éprouvés d’invoquer la Miséricorde de DIEU au nom de leurs bonnes actions passées. Les prières que nous adressons à DIEU pour L’invoquer dans la gêne ou la peur sont comparées à un oiseau dont nos bonnes actions seraient les ailes, comme cela est si bien exprimé dans le verset 10 de la Sourate 35 du Coran :
« […] vers LUI monte la bonne parole, et Il élève haut la bonne action […] ».

Il exhorte d’autre part à la piété filiale poussée ici au degré de la dévotion . Il exhorte à la pureté des mœurs et à la magnanimité . Il exhorte enfin à l’honnêteté scrupuleuse et au respect du dépôt. Ce sont là vraiment quelques éléments majeurs de la noblesse de l’âme et de tout ce qui différencie l’homme, en tant que tel, de la bête asservie par satan.