Invitation à la Cérémonie de la Mulatière du 11 Novembre 2018

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A l’occasion de la commémoration de l’Armistice de 1918, la Grande Mosquée de Lyon et la Mairie de la Mulatière ont organisé le Dimanche 11 novembre 2018,
La cérémonie du souvenir en mémoire des soldats musulmans morts pour la France durant la guerre 1914-1918.
Un instant de souvenir et de recueillement commémoré dignement par nos imams et représentants religieux, et partagé par l’ensemble des présents.

Communiqué Relatif À L’Aïd El Adha

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Hier, les pélerins musulmans étaient au pied du mont Arafat, qui symbolise le jour du jugement dernier et rappelle notre rencontre avec Allah. Ils ont prié pour voir dans ce monde s’établir la paix, la fraternité et l’amour entre les hommes.
Aujourd’hui, les musulmans du monde entier fêtent Aïd El Adha, la fête du sacrifice, qui perpétue un rite qui remonte au prophète Abraham le père commun des trois cultes monothéistes.
En ces jours de commémoration et de fêtes, nous adressons à tous nos concitoyens quelques soient leur croyance (ou pas), tous nos souhaits fraternels de solidarité et d’amour, avec eux nous levons nos mains vers le ciel pour invoquer le Dieu de tous les croyants pour qu’il agrée nos prières et donne du sens à nos actions.
En ces moments difficiles où des hommes et des femmes meurent dans l’indifférence la plus totale, nous appelons tous ceux, qui exercent des responsabilités dans ce monde à avoir de la compassion envers ceux qui, au péril de leur vie, quittent leur pays pour fuir la haine et la guerre, pour mourir dans les océans et dans les mers.
Nous prierons aussi pour que s’établisse la paix et que renaisse la fraternité entre les hommes dans cette région chère aux juifs, chrétiens et musulmans.
Enfin, conscients de nos engagements vis à vis des générations futures, nous appelons de nos vœux la mise en place d’une institution représentative et indépendante libérée de toutes les ingérences. Une institution qui donne l’espoir a une communauté enfin rassemblée pour assumer ses responsabilités dans une France fraternelle et retrouvée.

Le 21 août 2018

Kamel KABTANE
Recteur de la grande mosquée de Lyon

Communiqué Relatif À La Mort De Mireille Knoll

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A la haine opposons l’Amour et la fraternité.

Une femme de 85 ans a été assassinée à Paris parce qu’elle était juive.
Cet assassinat est la forme qu’il a prise nous rappelle ces périodes que l’on croyait révolues.
Nous ne pouvons accepter qu’aujourd’hui en France on meure parce que l’on est juif, chrétien, musulman, gendarme ou clients d’un supermarché.
C’est pourquoi nous ne pouvons plus accepter que des femmes et des hommes meurent par le fait de personnes mues par une idéologie mortifère, qui creuse chaque jour des fossés entre les hommes.
Nous ne pouvons continuer à accepter la banalisation de situations et, qu’il nous appartient de rejeter et de dénoncer haut et fort en disant notre haine contre cette haine, qui habite les commanditaires et ceux qui la porte.
Nous appelons nos concitoyens à réagir pour défendre le vivre ensemble en opposant à cette haine les valeurs qui caractérise nos sociétés : l’Amour et la fraternité.
Nous présentons à la famille de Mireille Knoll et à tous ceux que cet assassinat ignoble et injuste touche ou interpelle nos sincères condoléances et les assurons de notre soutien face a cette ignominie.

Kamel KABTANE
Recteur de la grande mosquée de Lyon
Azeddine Gaci
Recteur de la mosquée de Villeurbanne

COMMUNIQUÉ MMS: A Propos Du Sondage Sur Le Foulard À L’Université

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Alors que le combat pour les libertés individuelles connaît chez nous un véritable regain et bien des tabous ont été levés pour que l’éventail des libertés revendiquées ne cesse de s’élargir en France et en Europe, un nouveau sondage portant sur le port du foulard à l’Université vient de remettre à l’affiche le débat politique sur l’identité nationale.

Ce débat prend désormais un virage dangereux et nous inquiète en tant que  citoyens de confession musulmane.

La vision ouverte et pluraliste de la société française que nous défendons et soutenons  subit les foudres conjuguées de deux courants en rupture avec les grandes orientations républicaines de la France.

D’un côté, une vision «nationaliste conservatrice et islamophobe» voit la France d’aujourd’hui comme ayant trop concédé à la diversité culturelle.

Le respect des cultures minoritaires, une laïcité plus  ouverte, des pratiques d’accommodement raisonnable mettraient en péril une culture française authentique, éclipsant la mémoire de la majorité des français, qualifiés de « souche ».

De l’autre côté, une vision stricte de la laïcité récuse les manifestations religieuses ostentatoires dans la sphère publique. Elle entend renvoyer le religieux hors de l’espace public, au nom cette fois d’une conception de la société qui limite tout signe d’allégeance religieuse au seul espace privé.

Ces deux courants, a priori différents, se rejoignent d’abord dans une même attitude d’intransigeance envers l’Islam, exigeant de toutes celles et ceux qui s’y rattachent de se plier à une vision de la société française qu’ils n’auraient pas contribué à forger.

Ils se rencontrent ensuite dans l’invocation d’une pseudo incompatibilité de l’Islam avec les valeurs de la démocratie et de la république dans notre pays.

Mais il existe une autre vision de notre société, plus tolérante et surtout plus dynamique dans sa conception des rapports sociaux. Elle correspond mieux aux exigences de la France moderne que la majorité des républicains authentiques et sincères défendent.

En tant que musulmans de France, nous appelons, au nom de Mosquées et musulmans solidaires de France, tous les citoyens à défendre énergiquement le respect de nos lois et de nos institutions républicaines, tout en exigeant la levée de tous les obstacles qui empêchent la légitime et pleine participation, de la composante nationale musulmane, à la vie politique, sociale et économique de notre pays.

Pour nous, le respect et la reconnaissance de la diversité ne signifie pas qu’il faille tolérer des pratiques religieuses extrémistes, ni que la société française doive être conçue comme la juxtaposition de communautés repliées sur elles-mêmes.

Au contraire, nous nous inscrivons dans la logique des valeurs démocratiques.

Dans cet esprit, le rôle de l’État consiste à élaborer les normes collectives indépendamment des groupes religieux ou de conviction.

Conformément à la Constitution, il doit exercer sa neutralité en s’abstenant de favoriser ou de gêner, directement ou indirectement, une religion ou une conception séculière de l’existence, dans les limites du bien commun.

Cette orientation politique répond à l’exigence de protéger la liberté de conscience et sa libre expression, de même que l’égalité des citoyens. Cela signifie que les droits civiques et politiques ne sont pas conditionnels à l’abdication des croyances et des pratiques de ceux qui les expriment.

Or, depuis les dernières élections présidentielles, un discours politique néfaste prône l’idée que l’appartenance religieuse à l’Islam,  exprimée publiquement, serait préjudiciable à l’identité nationale.

Cette attitude dangereuse pour la démocratie en France s’appuie sur une argumentation juridique fallacieuse pour interdire, en réalité, la manifestation de l’adhésion religieuse à l’Islam dans la sphère publique ainsi que les demandes d’accommodement pour motif religieux.

Pour nous, une telle interdiction aurait un effet discriminatoire, car elle ne viserait que les croyants appartenant aux seules religions comportant des prescriptions vestimentaires ou alimentaires. Mais surtout, elle serait disproportionnée par rapport aux objectifs, notamment la neutralité des services publics, encadrée par la laïcité.

Cette neutralité institutionnelle exige que les normes collectives soient appliquées de manière impartiale, quels que soient le sexe, l’origine ethnique ou l’appartenance religieuse.

En revanche, l’interdiction de signes religieux peut être justifiée si ceux-ci entraînent un dysfonctionnement du service, un problème de sécurité, un traitement discriminatoire à l’égard d’autres personnes ou encore, s’ils donnent lieu à un prosélytisme. La laïcité s’impose à l’État, non aux individus.

Elle devrait une fois pour toutes être comprise non comme un athéisme militant, une hostilité déclarée aux croyances religieuses, mais bien au contraire comme un devoir fait à l’État d’être le garant et le protecteur du libre exercice des croyances dans leur diversité, et également de la non croyance.

Pour nous, toute atteinte à ce libre exercice, toute pratique et tout discours de haine à son encontre devront être sanctionnés par la loi.

Une fois ce principe imposé à tous, la laïcité devient l’affaire de tous, croyants ou non, partageant l’aspiration à vivre ensemble en paix dans une société française garantissant les mêmes droits et libertés à l’ensemble des citoyens, quelles que soient leurs confessions religieuses ou leurs convictions philosophiques.

Elle consolidera aux yeux de tous les citoyens, sans faux-fuyants, la nécessaire séparation du religieux et du politique, et donc celle de la nature même de l’État.

Contrairement aux affirmations politiques et médiatiques simplistes, cette idée a toujours été défendue et illustrée, et continue à l’être, par des penseurs musulmans, en France et ailleurs dans le monde musulman.

Tout cela nous permet d’affirmer que l’Islam n’est  ni incompatible avec la laïcité ni avec la démocratie.

Pour toutes ces raisons, nous soutiendrons politiquement  toute attitude ou prise de position publique dont l’objectif est une recherche constante et sincère d’un équilibre social et culturel qui honore la France car il demeure la condition d’un authentique vivre-ensemble pour tous ses citoyens.

Mahjoub BENTEBRIA                                                   Kamel KABTANE

Coordinateurs de 

Mosquées et Musulmans solidaires
Coordination de Mosquées et Musulmans solidaires

Web : www.mms-france.org | e-mail : mmsolidaires.france@gmail.com

Communiqué Mosquée De Lyon Suite À L’agression Dont A Été L’objet La Mosquée De Villefontaine (Isère)

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Dans la nuit du 23 au 24 novembre 2012 la mosquée de Villefontaine a fait l’objet d’un acte de malveillance. Des propos injurieux et raciste ont été proférés à l’égard de la communauté musulmane. Un fois de plus nous assistons à un déferlement de la violence à l’égard des citoyens français de confession musulmane. Cette situation qui se nourri du discours islamophobe et raciste dont la France a été sevrée depuis quelques années devient insupportable pour la communauté musulmane. Cette situation qui s’amplifie dans un silence assourdissant de nos responsables politiques qui refusent de voir dans cette situation un danger pour la cohésion nationale et le vivre ensemble. La communauté musulmane au-delà des constats attend des actes forts de la part de nos gouvernants pour engager une véritable réflexion au niveau nationale et trouver les moyens de faire face à ce fléau qui ronge notre pays. Nous appelons l’ensemble des français à condamner ces promoteurs de la haine et ces entrepreneurs de la violence. Nous appelons à une manifestation pacifique dimanche 25 novembre 15h devant la mosquée de Villefontaine.