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ARTICLES CONCERNANT LE RAMADAN

LE JEUNE ET SES OBJECTIFS
Par : BENDALI-AMOR  

Mois sacré de piété, de travail et de sacrifice, il permet à tous les Musulmans de se recueillir et de faire une communion totale avec l’ISLAM.
L’Islam est construit sur cinq bases : la foi en un Dieu unique et en Mohammed comme Prophète d’Allah, la pratique de la prière, le versement de la zakat ou charité légale, le pèlerinage à la Maison sacrée d’Allah (La Mecque) pour celui qui est en mesure de l’accomplir et enfin le jeûne du mois de Ramadhan.
Dans un de ses écrits relatifs à l’Islam, notre collaborateur et ami feu le professeur A. Bendali avait abordé le thème du jeûne et de ses objectifs.
Toujours d’actualité, nous republions cet article consacré à l’un des piliers de l’Islam, en l’occurrence le jeûne.

«L’ISLAM est construit sur cinq bases :
la foi en un Dieu unique et en Mohammed comme Prophète d’Allah;
la pratique de la prière officielle;
le versement de la zakat Trois conditions essentielles ou charité légale;
le jeûne du mois de Ramadhan ;
le pèlerinage à la Maison sacrée  d’Allah (La Mecque) pour celui qui est en mesure de l’accomplir».
Telle est l’interprétation de ce  hadith authentique (Tradition) du Prophète Mohammed.  Il va sans dire que ces cinq bases islamiques sont toutes d’obligation religieuse.

En droit rituel musulman, le jeûne est soumis aux cinq principes fondamentaux qui régissent les activités des fidèles  aussi bien dans le domaine religieux que dans tous les autres domaines. Il affecte six formes, c’est-à-dire qu’il est soit obligatoire, soit "sunni" ou traditionnel, soit recommandé, soit licite, soit interdit, soit blâmable.

Le jeûne est obligatoire durant le Ramadhan. Il l’est aussi  pour l’exécution des compensations des journées inobservées,  pour une raison ou pour une  autre, pendant ce dernier mois,  ainsi que pour les expiations, ou "kaffarat" en arabe.

Il est "sunni" ou traditionnel  durant la journée d’Achoura, célébrée le 10e jour du mois lunaire de Moharrem. Il est recommandé de jeûner pendant le mois de Chaâbane,  les dix premiers jours du mois de Dhou El-Hidja, le jour de la cérémonie de "Arafat" qui précède l’Aïd El-Adha.

Le jeûne licite est laissé à l’initiative du musulman pendant les journées où il lui est permis de l’accomplir.

Il est interdit de jeûner le  jour de l’Aïd El-Fitr qui consacre la fin de Ramadhan, et le jour de l’Aïd El-Adha et les trois jours qui suivent cette  dernière fête des sacrifices.    

Enfin, le jeûne blâmable est  celui que pratique le fidèle  d’une manière permanente sauf pendant lesdites fêtes sacrées.

On sait que chaque religion a son propre jeûne. Celui de la religion musulmane, le Ramadhan,  n’est pas facile. Il faut le reconnaître. Mais quel est le devoir religieux ou autre, qui ne présente pas de difficultés ?

Cependant, notre jeûne obligatoire, comme l’exposent les docteurs musulmans, a des avantages. Il rapproche le fidèle de Dieu; il consolide  l’unité des croyants; il les  rapproche des pauvres et il fortifie leur compassion envers ces derniers; il les appelle à la discipline, indispensable à l’intérieur de toute société organisée.


Pour mieux consolider l’union des croyants


Déjà, pendant la période antéislamique ou "Djah’ilia", les Arabes de la tribu de Qoraich jeûnaient le jour de l"’Achoura". Cette pratique religieuse ancienne fut reconduite durant les premières années de l’islam sur ordre de notre Prophète jusqu’au moment où en l’an II de l’Hégire furent  révélés les versets coraniques prescrivant au monde musulman le jeûne obligatoire de Ramadhan, c’est-à-dire pendant une lunaison de 29 ou 30 jours

Ci-dessous une simple interprétation des versets dont il s’agit :

"... O ! vous qui croyez ! le jeûne vous a été prescrit en nombre de jours déterminés  comme il a été prescrit à vos prédécesseurs (avec l’espoir) que peut-être vous serez pieux; et pour celui de vous qui est malade ou en voyage, le même nombre d’autres jours. Ceux qui ont la possibilité de jeûner, mais ne le font point, devront, en expiation, nourrir des pauvres; quiconque accomplit  volontairement  un bien, cela est un bien pour lui; pratiquer  le jeûne, un bien pour vous si vous savez apprécier ! Le mois du jeûne est le mois de Ramadhan au cours duquel fut révélé le Qoran comme (excellent) guide pour les hommes et preuve de la bonne direction et  de la séparation du bien du mal. Quiconque observera la nouvelle lune (de Ramadhan), qu’il jeûne ce mois ! Celui qui parmi vous, sera malade ou en  voyage, jeûnera en compensation un nombre égal de jours ( non accomplis). Allah désire pour  vous de l’aise et ne veut  point  de gêne. Complétez cette période (de jeûne) ! Proclamez la grandeur d’Allah qui vous a bien guidés ! Peut-être serez-nous pleins de gratitude !... Mangez et buvez jusqu’à ce que vous distinguiez nettement le fil blanc de l’aurore du fil noir de la nuit; ensuite, jeûnez le jour entier, jusqu’à la nuit" (Sourate El-Baqara).

Un des versets cités ci-dessus proclame : «Quiconque observera la nouvelle lune (de Ramadhan), qu’il jeûne ce mois».

Par quel moyen peut-il faire cette observation ?

Dans le rite malékite, des jurisconsultes    notoirement connus interprètent ce verset à la lettre. Ils s’appuient à cet égard sur ce qui se passait en leur époque : l’observation à l’œil nu. Ce n’est pas qu’ils ignoraient la science astronomique; mais ils voulaient tout simplement faire participer l’ensemble des fidèles à la fixation des manifestations religieuses.

D’autres jurisconsultes non moins célèbres, d’autres rites orthodoxes soutiennent à juste titre que les calculs astronomiques sont valables en législation rituelle, pour la fixation à l’avance du premier jour de Ramadhan et de toutes les autres fêtes musulmanes. A cet égard, ces calculs sont des réalités scientifiques incontes- tables; ils sont dans l’esprit de l’Islam qui est une religion pour la science et le progrès.


Trois conditions essentielles


Par ailleurs, le jeûne de Ramadhan comporte en lui-même des pratiques obligatoires ou interdites, recommandées ou blâmables ou licites. Il exige, gross omodo, trois conditions esentielles :

On sait que dans l’islam, le jeûne consiste à s’abstenir obligatoirement de manger, boire,  fumer, priser, etc. Cette condition est imposée à tout musulman responsable de ses actes devant Dieu, c’est-à-dire, pubère, lucide et de santé satisfaisante.

La deuxième condition concerne l’intention de jeûner. Cette dernière, appelée "Nia" en arabe, doit se manifester dans la nuit qui précède le premier jour de Ramadhan. Si elle est interrompue par une rupture quelconque, elle doit être renouvelée pour les jours suivants.

Le jeûne doit se prolonger durant le mois de Ramadhan, de l’aurore au coucher du soleil, qui est le début du temps de la prière du Maghreb : c’est la troisième condition.

Il est possible que le fidèle rompt le jeûne par oubli. Il lui faut alors compenser obligatoirement par la suite, les journées non observées. S’il le rompt sciemment et sans cause plausible, il est tenu non seulement par la compensation, mais aussi par l’expiation, ou "kaffara" en arabe. Cette dernière consiste :

a) soit à nourrir en une seule fois 60 pauvres, à raison d’un «mudd» de céréales de la valeur  du «mudd» du Prophète, pour chacun d’eux. (Il s’agit de la contenance de deux mains moyennes jointes par le bas et légèrement inclinées).

b) soit à jeûner deux mois consécutifs pour chaque journée rompue ou pour l’ensemble des journées non observées, selon les divergences entre écoles orthodoxes interprétatrices des textes dogmatiques.

Pendant les nuits du mois de Ramadhan, le jeûneur est libre de ses actes dans la mesure où ce qu’il fait est licite. D’ailleurs, il ne s’en prive pas : c’est en ces noments qu’il vit le mieux.

Il n’y a pas d’inconvénient à   ce que ce jeûneur soit au matin du jeûne en état d’impureté  légale par suite de coït la nuit; son jeûne est valable ce jour-là, mais il doit procéder aux ablutions générales,  «El-Ghousl», pour la validité de ses prières officielles.

Si le fidèle est pris de vo-missements en plein jeûne. il n’est pas tenu par la compensation, mais s’il cherche lui-même à se faire vomir pour une raison ou pour une autre et qu’il y arrive, il est tenu d’un jeûne compensatoire.


Les cas spéciaux


La tradition veut que l’on rompe le jeûne dès le coucher du soleil, c’est-à-dire, en principe, avant d’effectuer la prière du Maghreb et que l’on prenne le "sehour" ou repas nocturne,  le plus tard possible, mais bien  avant l’aurore.

Il est recommandé de faire les lectures qoraniques pendant la journée ou la nuit de Ramadhan.

On sait que la religion musulmane est tolérante. Elle n’impose rien d’impossible au croyant. En effet, le Livre sacré proclame ce qui suit : "Allah n’imposera pas de charge à une âme si ce n’est selon ses facultés ; à son actif, elle aura ce qu’elle a gagné (de bonnes œuvres) et à sa charge, elle aura ce qu’elle a acquis  comme mauvaises actions...”) (Sourate El- Baqara). 

"Il (Dieu) ne nous a rien imposé de difficile en religion " (Sourate El-Hajj).

"Ne vous exposez pas vous-mêmes à la perdition" (Sourate El-Baqara).

C’est en vertu de ces principes religieux clairs que la rupture du jeûne pendant les  journées de Ramadhan, est permise au malade, elle peut même dans certains cas, être obligatoire pour lui. En tout état de cause, il doit consulter un médecin et suivre ses prescriptions sans aucune hésitation. A cet égard , la jurisprudence musulmane est formelle.

Le voyageur qui traverse une longue distance d’une cinquantaine de kilomètres environ au moins, quel que soit le moyen de transport qu’il utilise, peut rompre le jeûne. Il est préférable cependant qu’il l’obser-comme le précise un verset qoranique précité : "Pratiquer le jeûne est un bien pour si vous vous savez apprécier" (Sou- rate El Baqara).

Lorsqu’une femme a ses menstrues ou son retour de couches. elle est dispensée de jeûner : son jeûne, si elle l’observe pendant ce temps, n’est pas valable.

La femme enceinte qui a des craintes pour la vie de l’enfant qu’elle a dans son sein, celle qui allaite son enfant, si elle craint pour la santé de celui-ci, le vieillard très âgé et bien fatigué, le djoundi sur le champ de bataille ou à la garde des frontières, celui qui est astreint d’accomplir une besogne pénible comme les moissons en plein été... peuvent rompre le jeûne.

En un mot, dès qu’une difficulté sérieuse se présente. susceptible d’engendrer des conséquences dangereuses pour la santé du jeûneur, celui-ci doit arrêter son jeûne. D’ailleurs, le fait en lui-même est laissé à  l’appréciation de celui qui observe le jeûne; il doit prendre ses responsabilités. S’il est perplexe, il devra consulter un alem, un muphti , un cadi  ou tout autre spécialiste et suivre leurs conseils.

Naturellement, dès que la cause valable de la rupture du jeûne disparaît, la compensation des journées inobservées devient impérative à quelques exceptions près.

Durant le mois de Ramadhan, des conférences sur divers sujets religieux et moraux sont données par d’éminentes personnalités dans les mosquées, les cercles, à la télévision, la radio et même au sein de certaines familles. De nombreux versets qoraniques et des textes de la «Sunna», ou tradition de notre Prophète, sont partout commentés. L’ouvrage, «les Quarante Hadiths», est surtout expliqué à l’intérieur du pays.

A cette occasion, la grande bataille de "Badr"—une des victoires décisives de l’islam—et ses martyrs, la Retraite spirituelle (I’tikaf) qui se manifeste durant les dix derniers jours de Ramadhan, la nuit du destin (Lailatou El-Qadr), la zakat de rupture finale du jeûne, ainsi que la vie exemplaire du Prophète Mohammed sont rappelées avec beaucoup de détails.

Les différents orateurs recommandent aux fidèles d’observer la plus grande retenue dans leurs paroles et de faire attention à leurs gestes; les paroles inconvenantes qui ne peuvent provoquer que les altercations et des disputes doivent être évitées. Un bon musulman doit se purifier moralement; Ramadhan est le mois des examens de conscience  et des réconciliations.

Feu Professeur Abderrahmane
BENDALI-AMOR


HADITH
Qui aura fait le bien durant son islâm ne passera pas en jugement pour ce qu’il aura fait durant le temps qu’il a passé dans la barbarie préislamique, mais qui a mal agi durant son islâm aura des comptes à rendre du début à la fin de la vie.

«Nous avons fait de vous une communauté éloignée des extrêmes» (Coran)
Par : Mehdi.C   Le : samedi 23 septembre 2006



En ce début du XXIe siècle grégorien, 1427 de l’Hégire, le Monde musulman traverse une rude épreuve. Sommes-nous en face d’une exégèse coranique recourant à maintes valeurs rationnelles?

Et pourtant, l’islam est venu une fois que l’humanité avait atteint son âge de raison. Ni matérialiste, ni angéliste, la religion musulmane a un caractère intermédiaire. Dans  un  des  versets il est dit : “Nous avons fait de vous (croyants), une communauté éloignée des extrêmes”. Tout en organisant la vie future, possession et jouissance de biens d’ici-bas sont prises en compte. Mais tout a valeur religieuse aux yeux du croyant musulman, les choses de ce monde comme les autres. Ainsi gouverner, régir la Cité, régler les affaires de la nation, organiser ses ressources, c’est encore faire acte de religion. Aujourd’hui le mouvement général de la vie du citoyen avec ses multiples aspects liés aux événements politiques, sociaux et culturels, rend le rapport de l’homme à la pratique saine de la religion assez interrogatif. Mais la vie spirituelle a ses règles et rappelle avec insistance la présence de Dieu, la crainte du Jugement dernier, la fragilité des choses humaines, la beauté de la vertu.

Faut-il bâtir dans son cœur un édifice fondé sur la piété envers Dieu? Un abîme sépare le sort des cœurs sincères et le sort des hypocrites.

Ainsi l’âme religieuse reste assoiffée de Dieu et continuellement sollicitée par une grâce intérieure. Mais aux deux premiers siècles de l’Hégire, le conflit entre les compagnons du Prophète (QSSL) mena vers une lutte fratricide qui, au VIIe siècle, secoua toute la communauté  musulmane, à la suite du meurtre du calife Othmane. Face à cette crise il fallait coûte que coûte maintenir l’unité de la Oumma. C’est en ce sens que l’histoire est pleine d’exemples d’épreuves tragiques qui nécessitent toujours un sens du devoir, de l’ordre et de l’unité. Voilà un code de conduite dans la rectitude et le respect de l’autre. En ce mois sacré de Ramadhan, il faut expurger de son cœur les vices qui le souillent.

Maintenir la pureté de son être intérieur signifie une certaine harmonie celle des prières et des dhikrs, des tarawih et la psalmodie des versets du Coran, car l’islam est ibada (piété) et taqwa.




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